2. Coller au terrain



2.1 Les différents types d'interlocuteurs

  

● Liste non-exhaustive !

 

L'expert qui connaît son sujet et qui répond volontiers (très à l’aise).

 

L'expert mal à l’aise au micro, qui se perd dans ses explications.

 

L'expert mou mais qui connaît son sujet.

 

L'expert qui ne veut pas parler au micro alors qu’il s’est beaucoup exprimé pendant la conférence de presse ou le colloque.

 

L'expert qui ne veut pas parler à la radio ou à la TV, mais seulement à la presse écrite car il a peur que ses propos soient déformés.

 

L'expert qui parle une minute sur demande. 

 

L'homme politique, le militant, le leader que l’on interview trop souvent et qui ne représente pas la base (un technicien peut avoir un discours plus concret qu’un élu pourtant incontournable dans la hiérarchie ou le protocole).

 

L'expert qui mange ses mots, qui parle en patois ou en sigles.

 

Le chargé de communication qui se retranche derrière la parole officielle. 

 

Le témoin pour illustrer le sujet pris au hasard dans la foule.

 

La personne qui parle une langue régionale qui intéresse un média en langue régionale. Le français étant la langue de la république, il est compliqué pour les radios en langue régionale de trouver des interlocuteurs.

 

La personne qui s'exprime dans une langue étrangère, ou régionale, mais non-traduite en français par vous ou par un interprète.


2.2 Comment adapter l'interview au public visé 

Faites les bons choix !

 

Nous reviendrons en détail sur cet aspect dans la 2ème partie : Au micro (page suivante). Toutefois, notez que :

 

Vous devez retenir (ou non) le sujet et choisir le bon angle en fonction de la cible de la radio, de l'originalité, du caractère affectif ou sensationnel. Vous n'êtes pas obligé de suivre la presse écrite ni le "bruit médiatique". Vous pouvez privilégier la proximité temporelle et/ou géographique.

 

Vous devez poser des questions simples pour une bonne compréhension de la part de l’auditeur et pour obtenir des réponses claires de la part de l’interlocuteur.

 

Vous devez soigner le vocabulaire (expliquer, rappeler les faits).

 

Maîtriser la durée de l'entretien que vous vous êtes fixée est essentiel.

 

Si vous réalisez une interview longue ou en plusieurs parties ou avec plusieurs intervenants, vous pouvez donner le plan mais ce n'est pas obligatoire.

 

L'interview doit être dynamique, avec le moins de temps mort possible.

 

Ne faites pas d'interview si elle n'apporte rien à l'auditeur.

 

Il peut être bon de garder ses questions pour le micro après une conférence de presse pour avoir des informations différentes des confrères. Dans ce cas (comme d'hab'), laissez les faire leur photo avant ! 

2.3 Les sources de documentation 

Les communiqués de presse reçus par mail, les journaux, internet, les personnes-ressources que vous connaissez, votre culture personnelle, les chargés de communication constituent des sources pour une interview. 

 

Vous devez être réactif et au courant si l'actualité de la personne ou de la structure a changé.

 

Vous devez avoir fait le lien entre activité de la structure locale et l'actualité nationale ou internationale (pour réagir sur un sujet : la personne que vous interrogez a peut-être un avis à donner ?) 

2.4 La prise de contact

Par téléphone, par mail, via les réseaux sociaux (Twitter, Facebook...), ou à l’issue d’une réunion si un sujet mérite d’être traité plus en profondeur, dans la rue pendant manifestation, un colloque, etc...

 

Le filtre des attachés de presse et des chargés de communication doit être pris en compte. Leur métier consiste à vous orienter vers le meilleur interlocuteur en fonction de votre sujet (et non pas en fonction de l'intérêt de leur entreprise ou collectivité). 

 

Ne pas hésiter à citer vos sources (dire à votre interlocuteur que vous avez souhaité l'interviewer suite à l'article de tel journal). 

 

Dites à votre intervenant que vous allez interviewer d’autres personnes peut être à double tranchant si elles sont en conflit.

 

L'objectivité est essentielle : veillez à interroger les pour et les contre.

 

Si vous avez la personne au téléphone ou si vous l'avez déjà rencontrée ou interviewée (par exemple, au moment d'une conférence de presse), vous pourrez deviner si son propos sera intéressant et si elle s'exprimera bien au micro.

 

Vous avez la possibilité de changer d’interlocuteur, d’angle, ou d’écrire un papier au lieu de réaliser une interview si ces éléments ne sont pas réunis.


2.5 La préparation avec le ou les interlocuteurs

 Renseignez-vous !

 

C'est la base : sachez-en un minimum sur le sujet que vous allez traiter ! Ne serait-ce que pour demander à votre interlocuteur d'être plus précis, voire pour le contredire (à ce propos, ne prenez pas tout ce qu'il dit pour argent comptant). Cela relève de la culture personnelle. Internet (avec ses défauts) est un allié solide pour cela. 

 

Prenez un petit temps de préparation (ne vous jetez pas sur la personne pour avoir une interview pour votre journal du soir). Ayez à l'esprit toutefois que trop de préparation tue en général la spontanéité.

 

Prenez des notes, et assurez-vous de pouvoir vous relire. Demandez si le discours fait doublon avec le dossier de presse s'il s'agit d'une conférence de presse (pour ne pas noter pour rien).

 

Dites à l'interlocuteur combien de temps l’interview va durer et (si vous le savez) quand elle sera diffusée. Vous pourrez ainsi adapter le propos (anticipez l'actualité, par exemple une fête locale, le passage d'une loi à l'Assemblée Nationale...)

 

Simplifiez ou expliquez la fonction de la personne interrogée.

 


Demandez à votre interlocuteur de parler pour votre auditoire (grand public ?) en expliquant les sigles, qui sont les personnes citées...

 

Demandez la prononciation des noms de famille et de lieux pour ne pas commettre d'impair.

 

Privilégiez un plan et des mots-clés pour éviter les hors-sujets, et bannissez absolument les questions écrites.

 

N'oubliez pas que vous ne pourrez pas parler de tout, surtout en direct, avec votre interlocuteurs. Faites donc des choix. 

 

Anticipez les parties de l’interview (pensez au montage et à la diffusion), d'où l'importance de bien écouter l'interlocuteur pour rebondir s'il est hors-sujet ou trop long dans ses explications.

 

Accordez-vous avec l’interlocuteur pour donner les informations pratiques les plus faciles à retenir pour l'auditeur comme la date, le lieu et les horaires. Si les informations sont disponibles sur internet, dites-le. L'adresse du site doit être mémorisable (sinon, un tour sur Google...) 


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